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Fréquence en France du syndrome de l’intestin irritable (ou colopathie fonctionnelle) Arrêt de travail en France lié au syndrome de l’intestin irritable (ou colopathie fonctionnelle) Impact de l'alimentation sur les symptômes de syndrome de l'intestin irritable Altération qualité de vie et sexualité au cours du syndrome de l’intestin irritable (ou colopathie fonctionnelle) Coûts direct liés à la prise en charge du syndrome de l’intestin irritable (ou colopathie fonctionnelle)

ALIMENTATION

ALIMENTATION

Introduction

Les patients atteints de SII remarquent fréquemment un lien entre la prise de certains aliments et la survenue ou l'aggravation de leurs symptômes. Il s'agit d'une préoccupation souvent au premier plan pour les patients qui recherchent donc des conseils diététiques.

Ducrotte P. Options thérapeutiques médicamenteuses et diététiques actuelles. Gastroenterol Cln Biol 2009, 33,  Suppl 1:S68-78 

Exclusion alimentaire

Les résultats des études scientifiques sont contradictoires sur le bénéfice éventuel de régimes d'exclusion, sur une base d'aliments incriminés par le patient lui-même ou par des tests sanguins de recherche d'anticorps dont on ne peut recommander la réalisation en routine. 

Bien que certains aliments puissent majorer les symptômes chez certains patients (comme par exemple l'ingestion de choux ou de haricots blancs chez les patients souffrant de ballonnements), toute exclusion d’aliments peut entrainer des carences en nutriments, vitamines et minéraux. Il est donc important d’essayer de conserver une alimentation la plus variée et la plus équilibrée possible.

Fibres

La consommation de fruits, légumes et céréales est importante dans l’alimentation car elle apporte des vitamines et des minéraux, et, a un effet préventif sur le cancer colorectal. Toutefois l'enrichissement de l'alimentation en fibres n'est pas efficace sur les douleurs abdominales et au mieux n'a qu'un effet modeste sur le SII avec constipation. Des fibres insolubles (son de blé) pourraient aggraver l'inconfort abdominal et le ballonnement.

Gluten

L’intolérance au gluten est appelée maladie cœliaque. Elle touche 1% de la population (1). Il ne faut pas confondre SII et maladie cœliaque même si ces 2 maladies peuvent présenter des symptômes communs. En effet, la maladie cœliaque repose sur un diagnostic basé sur la recherche d’anticorps spécifiques et de biopsies duodénales effectuées lors d’une fibroscopie oeso-gastroduodénale.

Le seul traitement de la maladie cœliaque est une alimentation stricte sans gluten (exclusion complète de toute prise de blé, seigle, orge et avoine) à vie.  C’est une alimentation très couteuse et astreignante qui n’est donc pas recommandée de suivre en l’absence d’un diagnostic formel de maladie cœliaque par un médecin.

(1) Green PH, Cellier C. Celiac disease. N Engl J Med. 2007;357:1731-43.

Glucides fermentescibles

Certains sucres (fructose, édulcorants type sorbitol), dits fermentescibles ("Fermentable Oligo-, Di-, and Monosaccharides, And Polyols" ou FODMAPs), utilisés par l'industrie agroalimentaire peuvent favoriser certains symptômes typiques du SII. Une étude de 2011 vient de comparer les effets d'un régime pauvre en FODMAPs sur les symptômes digestifs par rapport à ceux d'un régime standard ((1) voir le résultat dans le bulletin de la recherche réservé aux adhérents).

Tableau des aliments riches / pauvres en FODMAPs


(1) Staudacher HM, Whelan K, Irving PM et al. Comparison of symptom response following advice for a diet low in fermentable carbohydrates (FODMAPs) versus standard dietary advice in patients with irritable bowel syndrome. J Hum Nutr Diet. 2011, 24:487-95.

Intolérance au lait

Le lactose est un sucre contenu essentiellement dans le lait, les yaourts, les desserts lactés et les glaces (mais presque plus dans les fromages affinés). Pour être absorbé, il nécessite l’action d’une enzyme appelée lactase. Certains patients peuvent présenter un déficit en lactase qui peut être responsable de symptômes digestifs proches de ceux du SII. Le diagnostic de l’intolérance au lactose peut être fait à l’hôpital par un test respiratoire.

S'alimenter

Les patients atteints de SII remarquent fréquemment un lien entre la prise de certains aliments et la survenue ou l'aggravation de leurs symptômes. Il s'agit d'une préoccupation souvent au premier plan pour les patients qui recherchent donc des conseils diététiques.

Exclusion alimentaire : les résultats des études scientifiques sont contradictoires sur le bénéfice éventuel de régimes d'exclusion, sur une base d'aliments incriminés par le patient lui-même ou par des tests sanguins de recherche d'anticorps dont on ne peut recommander la réalisation en routine. Il faut se méfier des régimes d'exclusion stricts qui peuvent entraîner des carences. Il paraît évident que certains aliments peuvent majorer des symptômes comme la douleur ou le ballonnement mais aucun aliment n'a été prouvé responsable de l'apparition de la maladie ou de son entretien. Il ne faut pas interdire certains aliments même s'ils majorent les symptômes transitoirement, comme par exemple l'ingestion de choux ou de haricots blancs chez les patients souffrant de ballonnement.

Fibres : l'enrichissement de l'alimentation en fibres n'est pas efficace sur les douleurs abdominales et au mieux n'a qu'un effet modeste sur le SII avec constipation. Des fibres insolubles (son de blé) pourraient aggraver l'inconfort abdominal et le ballonnement.

Gluten : des études scientifiques réalisées à l'étranger ont trouvé qu'un faible pourcentage (moins de 6%) de patients avec SII avait une intolérance au gluten, appelée « maladie cœliaque ». Cette maladie peut présenter des symptômes communs avec le SII ce qui pourrait expliquer ces résultats chez des patients chez qui le diagnostic de SII a été fait par excès en appliquant les critères de Rome. Le diagnostic de maladie cœliaque est fait sur la présence d'anticorps spécifiques de la maladie ou par des biopsies duodénales lors d'une fibroscopie oeso-gastroduodénale. Une étude réalisée en France chez des patients avec SII avéré n'a pas retrouvé ce lien. Le traitement de la maladie cœliaque est le régime sans gluten qui est très coûteux et très astreignant (exclusion complète de toute prise de blé, seigle, orge et autorisation de faible quantité d'avoine). En conséquence, il n'est pas recommandé de suivre un tel régime en l'absence de diagnostic formel de maladie cœliaque.

Hydrates de carbone : certains sucres (fructose, édulcorants) utilisés par l'industrie agroalimentaire peuvent favoriser certains symptômes en particulier les ballonnements et les gaz.

Intolérance au lait : une intolérance au lactose peut exister chez certains patients et donner des symptômes proches de ceux du SII. Le diagnostic d'intolérance au lactose peut être fait à l'hôpital par un test respiratoire. En pratique les patients remarquent d'eux mêmes un lien entre leurs symptômes et la consommation de produits lactés.

Ducrotte P. Options thérapeutiques médicamenteuses et diététiques actuelles. Gastroenterol Cln Biol 2009, 33,  Suppl 1:S68-78 

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Idée gourmande pauvre en FODMAPs :

L’alimentation pauvre en FODMAPs (molécules fermentescibles présentes dans certains aliments) peut aider à diminuer l’intensité et la fréquence des symptômes digestifs chez les personnes souffrant du syndrome de l’intestin irritable.

Vous retrouverez ainsi dans chaque édition du journal de l’APSSII, une idée savoureuse de recette pauvre en FODMAPs élaborée par la diététicienne-nutritionniste, Julie DELORME.

Taboulé de quinoa :

2 verres de quinoa

2 verres d’eau

2 verres de jus de citrons

4 tomates

1 poivron jaune

Quelques brins de ciboulette

1 petite botte de persil

1 petite botte de menthe

4 cuillères à soupe d’huile d’olive

Sel et poivre

Taboulé Quinoa recette pauvre en fodmaps par l'Apssii (association de patients souffrant du syndrome intestin irritable)

Mélanger le jus de citron à l’eau. Faire bouillir. Verser le quinoa. Laisser cuire à couvert jusqu’à ce que l’eau soit absorbée (environ 10-15 minutes).
Eplucher et épépiner les tomates. Couper en petits dés les tomates et le poivron.
Hacher finement la ciboulette, le persil et la menthe.
Mélanger les légumes et les herbes dans un saladier avec l’huile d’olive.
Quand le quinoa a bien gonflé et refroidi, le rajouter au mélange. Saler et poivrer.
Mettre au frais avant de servir.

L’avis de la diététicienne Julie DELORME :

Une recette fraiche, légère en calories et riche en vitamines et antioxydants ! Elle est parfaite pour être dégustée en entrée ou en plat principal accompagnée de grillades !

Bonne dégustation !

Recette proposée par Julie Delorme, diététicienne membre de l'APSSII.
www.delormenutrition.com

 Parution : samedi 16 avril 2011 • Mise à jour : vendredi 03 avril 2020